BRANDT, Per Aage (1980), « Polémique et subjectivité », dans Catherine KERBRAT-ORECCHIONI et al., Le discours polémique, Lyon, Presses universitaires de Lyon, p. 121-139. (Coll. « Centre de recherches linguistiques et sémiotiques ».)

Approche : psychanalyse lacanienne, théorie de l’énonciation

Dans cet article touffu, l’auteur situe d’abord l’échange polémique sur l’axe de l’imaginaire, en le définissant comme l’équivalent négatif de la politesse : le discours polémique cherche à créer chez l’autre une perte narcissique en morcelant son identité et en mettant l’accent sur le manque : cette « réification » de l’autre s’obtient principalement par la maîtrise du récit qui modalise l’autre et le relativise.

Per Aage Brandt insiste ensuite sur le double niveau où se joue la polémique : celui des systèmes exotériques (champ institutionnel discursif) et celui du jeu ésotérique (intersubjectivité proprement dite). Le jeu, plus labile, tend à séduire le système (qui tient lieu de Loi) pour le subvertir. Dans la polémique, la subjectivité cherche à s’ériger en Loi et l’unique stratagème pour y arriver est de réduire l’Autre au silence.

Résumé par Dominique Garand,

Dans la bibliographie annotée sur le et la polémique, en fin de l’ouvrage : « Etats du Polémique », sous la direction de Annette Hayward et Dominique Garand, Canada, Ed. Nota Bene, 1998.