Puchner, Martin. 2006. Poetry of the Revolution (Poèsie de la Révolution) (Princeton, NJ: Princeton University Press).
Résumé
La nouveauté de ce livre ne réside pas dans le fait qu’il passe en revue les manifestes d’avant-garde (des manifestes politiques du dix-neuvième siècle aux manifestes artistiques contemporains en passant par les années 1960 en Italie, Russie et Amérique latine). Son intérêt réside plutôt dans la tentative de l’auteur pour expliquer comment et pourquoi le manifeste est entré dans la sphère artistique dans les premières années du vingtième siècle. L’explication fait appel aux concepts de « théâtralité » (action de rendre visible) et de performativité (par le fait qu’il ne décrit pas une rupture mais participe activement à sa création), censés trouver leur expression dans tous les manifestes, politiques ou artistiques. La théâtralité apparaît même dans l’exemple le plus classique et le plus politique du manifeste, le Manifeste communiste, où le drame de l’histoire se reflète dans la structure dialogique du texte. Au-delà des manifestes d’avant-garde habituellement énumérés (du futurisme, du dadaïsme et du surréalisme), Puchner étend le genre à une nouvelle sous-catégorie qu’il invente, le « manifeste d’art », c’est-à-dire l’art créé dans l’image du manifeste ou partageant ses caractéristiques (7). Ce nouveau groupe recouvre des œuvres modernes, comme les collages, les œuvres dramatiques, les poèmes et les représentations théâtrales. Ces œuvres ne sont pas basées « sur les doctrines et les théories proclamées par le manifeste, mais sur son influence formelle, son art poétique, sur l’art en général » et sont « plus agressives qu’introverties, plus hurlantes que circonspectes, et plutôt collectives qu’individuelles » (6). Selon Hubert van den Berg, le livre de Puchner souffre d’une lacune dans l’historiographie anglophone d’avant-garde. Bien qu’il existe quelques anthologies sur les manifestes d’avant-garde en anglais, la plus grande partie des études sur le sujet sont en allemand et en français.
Résumé par Galia Yanoshevsky