Perlof, Marjorie. 2003 [1986] The Futurist Moment: Avant-Garde, Avant Guerre, and the Language of Rupture (Le mouvement futuriste : Avant-garde, Avant-guerre et le langage de la rupture) (Chicago: University of Chicago Press).

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Résumé

Nouvelle édition de l’analyse de Perlof (1986) sur le fleurissement de l’esthétique futuriste dans l’art et la littérature du début du vingtième siècle. Ce livre recouvre la prose, la poésie, l’art visuel et les manifestes des futuristes de la Russie à l’Italie. « Le langage de la rupture » fait référence aux ruptures dans la forme et le genre, reflétant le puissant désir des futuristes de briser les structures économiques et politiques existantes et de transcender les barrières nationalistes. Ce langage remet en question le genre, le médium individuel et la ligne de séparation entre l’artiste et le public dans des pratiques d’écritures liées au futuristes comme le manifeste, le livre d’artiste et l’œuvre d’art (xviii).

Perlof étudie l’influence ultérieure du moment futuriste et est particulièrement attentif à la manière dont il a pénétré la pensée post-structuraliste. Par exemple, la définition de « l’écrivable » selon Roland Barthes peut être considérée comme découlant des « implications de la doctrine du Monde comme Tel, telle qu’elle est exposée dans les manifestes d’après celui des Futuristes » (158). Pour cette raison, son Degré zéro de l’écriture nous ramène au « zéro de forme »[1] de Kasimir Malévitch. L’auteur affirme dans le dernier chapitre du livre, que Barthes et les autres écrivains post-structuralistes semblent souvent faire abstraction des implications déjà latentes dans la poésie futuriste (ibid.). L’édition mise-à-jour réexamine le moment futuriste à la lumière du vingt-et-unième siècle et en particulier du 11 septembre. Elle conclue que, alors que dans les années soixante et soixante-dix, circulait une version du futurisme sombre et désillusionnée, aujourd’hui, à la vue du terrorisme et de la menace de guerre, l’ethos futuriste a de nouveau sa place (à travers le culte de la technologie).

Résumé par Galia Yanoshevsky

[1] Le projet de Malévitch, pendant la plus grande partie de sa vie artistique, fut de redécouvrir la pureté originelle : « Je me suis transformé en zéro de forme », écrit l’artiste en 1915, « et à travers lui ai atteint la création, c’est-à-dire le suprématisme, le nouveau réalisme en peinture, la création non-objective » (Malevitch, Kasimir. 1988. « From Cubism and Futurism to Suprematism: The New Painterly Realism, 1915 » « Du cubisme et du futurisme au suprématisme : le nouveau réalisme en peinture, 1915 », Bowlt, John E. (ed.). Russian Art of the Avant-Garde: Theory and Criticism, 1902–1934 L’art russe de l’avant-garde : théorie et critique, 1902-1934 [London: Thames and Hudson], 19–41