Kadir, Djelal, Heise, Ursula K. (éds). 2004. « Crosscurrents: The Art of the Manifesto », The Longman Anthology of World Literature, 6, « The Twentieth Century » (« A contre-courant : l'art du manifeste », Anthologie Longman de littérature, 6, « Le vingtième-siècle ») (New York: Pearson Longman), 21–55
Résumé
Le premier chapitre du volume de cette anthologie sur le vingtième-siècle est consacré à l'art du manifeste, ce qui laisse supposer que les éditeurs considère celui-ci comme la pierre angulaire de la littérature du vingtième-siècle, et comme un genre indépendant. L'importance attribuée au manifeste comme genre en soi se manifeste de même par le fait que les éditeurs ont choisi de le séparer des deux autres chapitres consacrés à l'écriture moderne (« La mémoire moderniste » suivi de « Le modernisme et la révolution en Russie »). Les trois premiers manifestes qui débutent l'anthologie reflètent un choix classique de l'avant-garde historique (« Le manifeste du futurisme » de F. P. Marinetti [1909], « La proclamation sans prétention » de Tristan Tzara [1919], « Le manifeste du surréalisme » d'André Breton [1924]), alors que d'autres répondent à l'intention générale du recueil de présenter « le monde de la littérature ». L'intérêt principal de ce chapitre réside donc dans sa portée internationale. Il cite des extraits tirés de manifestes qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans les anthologies occidentales [1] : l'essai de Riichi Yokomitsu de 1925 « New Sensation Theory » (« La nouvelle théorie de la sensation »), qui explicite le programme littéraire de la « nouvelle école de la sensation » japonaise, le « Cannibalist Manifesto » (« Manifeste cannibale ») du moderniste brésilien Oswald de Andrade de 1928, qui présente le Brésil comme dévoré par la culture étrangère et produisant sa propre culture révolutionnaire. L’extrait de « Some Modest Proposals for the Reform of Literature » (« Quelques propositions modestes pour la réforme de la littérature ») (1917) de l'écrivain chinois, universitaire et diplomate Hu Shi, qui participa au Quatrième mouvement de mai (révolte contre les valeurs culturelles chinoises traditionnelles), prône une littérature vernaculaire en alternative aux formes d'expression fossilisées de la littérature chinoise traditionnelle, basée sur la langue écrite officielle.
Résumé par Galia Yanoshevsky
[1] Bien que le manifeste d'Ann Caws Un siècle d'ismes , cité ici, offre un choix suffisamment large de manifestes provenant de divers pays et reflétant des courants variés, il reste essentiellement européo et occidentalo centriste.