Illouz, Jean-Nicolas. 2005. “Les manifestes symbolistes”, Littérature 139, 93–113

Résumé

Cet article relie la naissance des manifestes symbolistes aux évènements politiques français de la fondation de la république en 1870 jusqu'aux années 1890, période de troubles et de bouleversements politiques. Dans leur première phase, les formes manifestaires du symbolisme constituèrent une forme de littérature à un âge de révolution permanente, et un art qui cherchait à se justifier et à se redéfinir pour gagner une légitimité dans le champ littéraire. Illouz considère l'année 1886 comme la seule année véritablement manifestaire du symbolisme: les années 1870 la préparèrent, et les années 1884-85 furent celle de la prédominance de l'école décadente, à travers diverses publications et polémiques. En 1884, deux publications, les Poètes maudits de Verlaine et A rebours de Huysmans, donnèrent au groupe un ensemble de références communes qui soulignèrent leur dissidence et renforcèrent leur cohésion. En 1885, émergea la première polémique entre la nouvelle école et les critiques littéraires. Selon Illouz, toutes les publications symbolistes de 1886, comme les Sonnets à Wagner (huit sonnets de Stéphane Mallarmé, Verlaine et d'autres) et les Illuminations d'Arthur Rimbaud, peuvent être considérées comme des manifestes, comme par exemple le manifeste canonique de Jean Moréas publié dans Le Figaro (le 18 septembre). Illouz met l'accent sur le rôle joué par les journaux littéraires (la Revue wagnérienne, La vogue) et les suppléments (Le figaro) dans la création du mouvement et la production de ses manifestes.

Résumé par Galia Yanoshevsky