Heimpel, Rod S. 1999. « Genre et généalogie: Le cas du manifeste littéraire au XIXe siecle », Goldschlager, Alain, Martineau, Yzabelle, Thomson, Clive (éds). Règles du genre et inventions du génie au XIXè siècle (Ontario : Mestengo), 249–61

Résumé

Cet article est une version abrégée de l’essai de Heimpfel de 1996 (voir plus bas dans la rubrique essais), paru dans la section « genres littéraires parallèles » d’un recueil consacré au concept de genre. A la place de l’approche synchronique, atemporelle du genre utilisée par la recherche formaliste et structuraliste, Heimpel propose de retracer les origines et la généalogie du manifeste littéraire, en le faisant remonter au Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au XVIe siècle (1843 [1828]) de Charles Augustin Sainte-Beuve. L’ouvrage Défense et illustration de la langue française (1549) de Joachim Du Bellay est ici considéré comme le manifeste d’une nouvelle génération, celle des poètes de la Pléïade, tentant de rompre avec les formes et les thèmes de l’écriture classique. La plupart des chercheurs sur le manifeste littéraire situe cependant son origine dans les articles manifestaires publiés dans Le Figaro dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle (254-55). Selon Heimpel, la pratique du manifeste au sens littéral du terme débute au dix-neuvième siècle. Un manifeste en devient un non seulement lorsqu’il est produit comme tel par un écrivain ou un artiste, mais aussi lorsqu’il est rétrospectivement identifié comme tel par la critique.

Résumé par Galia Yanoshevsky