Hardee, Maynor (ed.). 1980. « Manifestoes and Movements » (« Manifestes et mouvements littéraires »), French Literature Series, 7 (South Carolina: University of South Carolina)

Résumé :

Ce volume rassemble des textes variés provenant du Colloque annuel de Littérature française sur les Manifestes et les Mouvements littéraires, qui couvrent une large période allant du seizième au vingtième siècle. Les exemples pris sont ceux de manifestes liés à la poésie lyrique française du début de la période moderne (David Lee Rubin, « Unity, Sequence, and the Arts of Compensation: A Perspective on Formal Trends in the French Lyric from 1550 to 1630—and Beyond » - « Unité, séquence et les arts de la compensation : perspective sur les tendances formelles de la poésie lyrique française de 1550 à 1630 et suivantes », 16–27); des manifestes du roman du dix-huitième siècle, dont l’Eloge de Richardson, de Denis Diderot (1761) (Lawrence W. Lynch, “Three Manifestoes of the Eighteenth-Century Novel: An Exercise in Camoulage,” « Trois manifestes du roman du dix-huitième siècle : un exercice de camouflage », 28–37) et les manifestes du mouvement Hussard en littérature française de l’après-guerre (Thomas M. Hines, “Rebels without a Cause”, « Des rebelles sans cause » 110–14).

Les lecteurs intéressés par la spécificité du manifeste d’avant-garde peuvent consulter l’article de Lauren Shumway (“The Intelligibility of the Avant-Garde Manifesto,” « L’intelligibilité du Manifeste d’Avant-garde », 54–62). L’intérêt de cet article réside dans la distinction faite par l’auteur entre les manifestes d’avant-garde et l’ouvrage que l’on considère généralement comme le premier manifeste littéraire : Défense et illustration de la langue française, de Joachim Du Bellay (1549). Alors que le poète français du seizième siècle cherchait à atteindre un public aussi large que possible, son texte s’adressant à tous les francophones cultivés, le manifeste d’avant-garde, par contraste, cherche à limiter autant que possible le groupe engagé à ceux définis comme des « artistes » en opposition à la société. Ce dernier manifeste est donc considéré comme un engagement (« un serment », terme emprunté à la Critique de la raison dialectique de Jean-Paul Sartre en 1960), c’est-à-dire une manière de former un groupe cohésif en vue d’une praxis future dans un monde hostile, et contre lui, et comme une stratégie permettant à l’auteur de déterminer ses propres actes, de façon à ce que les destinataires en fassent de même (57) au nom de l’intérêt commun. Cet engagement implique ce que Shumway nomme le « terrorisme stylistique » du manifeste, se référant par là au topos qui affirme l’absolue nécessité de l’existence d’une seule forme possible de production culturelle à une époque donnée, reniant en parallèle toutes les autres formes de production culturelle à la même période. Le terrorisme stylistique à deux buts. L’un est la cohésion du groupe d’avant-garde ; le second est d’investir les travaux et les textes du groupe d’une valeur à la fois esthétique et économique.

Ce volume contient également une bibliographie sur les mouvements littéraires et leurs manifestes par William T. Starr (115–32), préfacée par une explication sur le choix et la classification des textes par siècles (surtout le dix-huitième et le dix-neuvième siècle) et par mouvements ou écoles (réalisme, naturalisme, nouveau roman etc.).

Résumé par Galia Yanoshevsky